L’industrie des sables bitumineux continue de faire diminuer l’intensité de ses émissions
Une étude externe fait état d’une réduction de 31 % dans l’industrie depuis 2009.
22 septembre 2026

Une analyse annuelle sur l’intensité des émissions de gaz à effet de serre (GES) montre que l’industrie des sables bitumineux a maintenu la tendance amorcée il y a plusieurs décennies en continuant de réduire l’intensité des émissions associées à la fabrication de ses produits, calculée en équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2).
Basée à New York et forte d’un réseau international de plus de 60 bureaux, S&P Global Energy analyse les marchés mondiaux de l’énergie et des matières premières. Dans sa plus récente étude annuelle réalisée en anglais et publiée en mai, l’entreprise constate que l’intensité moyenne des émissions de GES résultant de l’exploitation des sables bitumineux a diminué de 31 %, soit près de 27 kg d’éq. CO2 par baril.
« La tendance est particulièrement évidente, parce qu’au cours des 17 années où nous avons réalisé cette analyse, ce chiffre n’a augmenté qu’une seule fois. Il a même diminué certaines années où la conjoncture laissait plutôt présager une hausse », souligne l’auteur principal de l’étude, Kevin Birn, vice-président et chef de la recherche sur le carbone chez S&P Global Energy. « Cela montre à quel point l’efficacité joue un rôle déterminant dans l’industrie. Les entreprises d’exploitation des sables bitumineux utilisent des combustibles fossiles pour produire la chaleur et l’électricité nécessaires à leurs activités, et elles le font de plus en plus efficacement. »
Cette efficacité accrue est attribuée à plusieurs facteurs, au premier rang desquels figurent les avancées technologiques et l’amélioration des pratiques d’exploitation.
L’étude présente l’intensité des émissions issues de différents produits et de différentes sources, notamment pour les activités minières et le procédé de drainage par gravité au moyen de vapeur (DGMV).
La hausse de la production au moyen du procédé de DGMV – émettant moins de GES –, le développement d’activités minières à plus faibles émissions, le nombre croissant de nouvelles installations et l’optimisation des activités existantes ont contribué conjointement à réduire l’intensité moyenne des émissions de GES à l’échelle de l’industrie.
L’accroissement de la production et la réduction des temps d’arrêt ont également joué un rôle dans cette baisse en raison de l’adoption de stratégies d’entretien prédictif et du raccourcissement des délais de maintenance.
« Les exploitants ont réussi à raccourcir les cycles de maintenance », affirme Celina Hwang, directrice pour les marchés du pétrole brut en Amérique du Nord chez S&P Global Energy. « Lorsqu’on parvient à effectuer les mêmes travaux d’entretien en moins de temps, on peut produire davantage tout en réduisant les coûts totaux. Cela permet d’augmenter la production de barils et, du même coup, de réduire l’intensité des émissions. »
Le procédé de DGMV a bénéficié de plusieurs facteurs qui ont contribué à réduire l’intensité des émissions :
- Le recours à des technologies de forage plus perfectionnées, notamment à des puits horizontaux plus longs, pour accroître la surface de contact avec les hydrocarbures présents dans la formation souterraine, et ainsi extraire plus de pétrole avec moins de puits;
- L’optimisation de l’emplacement des puits pour exploiter les zones du réservoir où les ressources sont les plus abondantes, éviter les secteurs plus difficiles d’accès et, au bout du compte, récupérer davantage de pétrole en forant moins de puits;
- La surveillance de la chambre de vapeur souterraine afin de gérer la répartition de la chaleur et de réduire l’utilisation inefficace de la vapeur;
- L’usage des données relatives au rendement pour orienter la planification de l’entretien et ainsi pouvoir effectuer les réparations de façon proactive, ce qui réduit les temps d’arrêt et accroît l’efficacité des activités;
- La co-injection d’un gaz non condensable (GNC), qui consiste à injecter à la fois de la vapeur et un gaz comme le méthane dans le réservoir. Ce GNC remplace une partie de la vapeur nécessaire au procédé de DGMV, ce qui contribue à réduire l’intensité de la consommation de combustibles et, par conséquent, les émissions de GES par baril.
Dans le cadre des activités minières, la diminution de l’intensité des émissions s’explique notamment par une optimisation du parc de véhicules et d’équipements, qui permet de réduire la consommation de carburant et d’accroître l’efficacité. La récupération et un meilleur usage de la chaleur résiduelle produite par les activités d’exploitation ont également contribué à cette baisse. Dans l’industrie des sables bitumineux, la réduction la plus marquée a été observée dans les exploitations minières intégrées plus anciennes, dont l’intensité des émissions a chuté de 32 %.
« Certaines des installations plus anciennes et plus émettrices de carbone ont nettement amélioré leur efficacité. Ainsi, même si la hausse de la production au moyen du procédé de DGMV – émettant moins de GES – a contribué à faire baisser ce chiffre, c’est l’ensemble de l’industrie qui avance dans la bonne direction », explique M. Birn. « Plusieurs avancées technologiques sont également à l’origine de cette évolution, comme l’installation Quest de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, lancée par Shell en 2015, et le remplacement des chaudières de Suncor. »
« Nous avons constaté que le pétrole brut corrosif extra-lourd issu des sables bitumineux se situe dans la même fourchette que d’autres pétroles bruts de qualité comparable produits à l’international, notamment au Venezuela et en Colombie », poursuit M. Birn. « En réalité, l’intensité des émissions d’autres gisements n’est pas aussi faible qu’on le croyait, tandis que celle de l’exploitation des sables bitumineux continue de diminuer. »
Les conclusions de l’étude ont été accueillies favorablement par l’Alliance des sables bitumineux, qui représente cinq des principaux exploitants de l’industrie.
« Nous nous employons à faire progresser l’innovation environnementale afin de contribuer à faire en sorte que notre industrie puisse continuer à générer des retombées économiques et à fournir une source d’énergie sûre dans les décennies à venir », affirme Kendall Dilling, président de l’Alliance des sables bitumineux. « Ce rapport confirme que, grâce aux nouvelles technologies, aux innovations et aux améliorations de nos procédés, l’intensité des émissions de GES dans l’industrie des sables bitumineux n’a cessé de diminuer au cours des dix dernières années. »


