Apprendre les règles du territoire
Des ambassadeurs de la faune contribuent à une coexistence harmonieuse entre les humains et les animaux dans les contrées sauvages les plus visitées de l’Alberta
20 mai 2026

L’Alliance des sables bitumineux est fière de commanditer la 35e édition annuelle des prix Emerald pour l’excellence environnementale. Ces prix récompensent les organisations, les projets et les personnes qui, partout en Alberta, se mobilisent face aux enjeux environnementaux afin de bâtir un avenir plus durable et mieux préparé aux défis futurs. C’est en appuyant les projets environnementaux de toute envergure que nous pouvons stimuler l’innovation dans le domaine.
Nous vous présentons ici l’un des finalistes de la catégorie « Éducation et sensibilisation du public », que nous avons le plaisir de commanditer. En deuxième position : le Biosphere Institute of the Bow Valley pour son programme d’ambassadeurs bénévoles de la faune.
Si c’est un ours brun, fais le mort. Si c’est un ours noir, bats-toi fort.
Vous connaissez sans doute ce dicton sur la conduite à adopter devant un ours, mais sachez qu’il n’est pas tout à fait fiable. Aujourd’hui, les experts s’entendent pour dire qu’un ours reste un ours, et que son comportement importe bien plus que sa couleur.
S’il est difficile de savoir exactement combien d’ours arpentent nos forêts, on estime qu’environ 60 grizzlis et plus de 200 ours noirs se partagent le territoire de la région de Kananaskis, de la vallée de la Bow et des environs. Et avec cinq millions de visiteurs par an dans le secteur, une rencontre fortuite est fort probable. Mieux vaut donc s’y rendre bien préparé, armé de connaissances… et de répulsif à ours.
Voilà près de 20 ans que le programme primé des ambassadeurs de la faune, géré par le Biosphere Institute of the Bow Valley, sensibilise les gens sur le terrain. Annuellement, l’organisme rencontre des milliers de résidents et de visiteurs sur les sentiers, dans les aires de pique-nique et les terrains de camping ou lors de rassemblements communautaires pour discuter du rôle que chacun doit jouer dans le partage harmonieux des lieux avec les animaux sauvages.
Nick de Ruyter, directeur du programme WildSmart de l’institut, est responsable du programme des ambassadeurs de la faune. Selon lui, l’augmentation du nombre de personnes présentes sur le territoire accroît inévitablement les risques de conflits.

« Nous voulons enseigner aux gens les bons réflexes, qu’il s’agisse de savoir comment réagir en présence d’animaux sauvages, comment utiliser du répulsif à ours ou comment gérer ce qui attire les bêtes, comme la nourriture et les déchets », explique Nick. « Peu de gens possèdent ces connaissances. Nos ambassadeurs sont là pour les informer et leur donner des conseils selon les besoins, toujours avec le sourire, sans jouer à la police ni porter de jugement. »

Plus jeune, Nick rêvait de devenir vétérinaire ou athlète professionnel. Il est finalement devenu pilote. En se rendant régulièrement dans l’Arctique et en gérant des camps miniers éloignés, il a été confronté de près aux réalités de la cohabitation entre les humains et la faune. En plus de s’être retrouvé nez à nez avec un ours polaire, il a pu observer certaines des créatures les plus extraordinaires de la planète : des narvals (oui, ils existent vraiment!), des carcajous, des renards polaires, des morses, des phoques, des grizzlis, des bœufs musqués, des caribous et plusieurs espèces de baleines.
« J’ai eu la chance de voir une faune et des paysages absolument incroyables », raconte-t-il.
« Ces animaux étaient là avant nous. Ils ne peuvent pas s’exprimer et veulent simplement vivre en paix dans leur habitat. Grâce à l’éducation, je pense que nous pouvons apprendre à cohabiter avec eux et à les admirer sans mettre quiconque en danger. »
Observation de la faune : quelques règles de sécurité
- Évitez de vous aventurer dans les zones interdites en raison de la présence d’ours ou d’adopter d’autres comportements dangereux juste pour un égoportrait (selfie), des mentions « J’aime » ou des abonnés sur les réseaux sociaux.
- Ne bloquez pas la circulation routière en vous immobilisant sur la chaussée pour observer les animaux.
- Gardez vos distances : les bêtes sauvages ont des réactions imprévisibles et le stress engendré par la proximité peut les pousser à charger ou à attaquer.
Résidents de longue date dans la vallée de la Bow, Derek Ryder et Karen Irvine se rappellent s’être retrouvés, alors qu’ils venaient d’y emménager, face à une meute de loups lors d’une promenade au crépuscule, armés de simples parapluies pour se défendre. Inutile de dire qu’ils ont acheté du répulsif à ours dès le lendemain. Aujourd’hui ambassadeurs de la faune aguerris, ils initient chaque année des milliers de randonneurs aux règles de sécurité.
« Quand la chance de devenir ambassadeurs de la faune s’est présentée, nous n’avons pas hésité une seconde. C’est une façon pour nous d’agir en faveur des animaux en aidant les gens à apprendre à cohabiter avec eux », explique Karen.
Depuis le lancement du programme en 2007, les ambassadeurs de la faune ont cumulé plus de 13 500 heures de bénévolat et sont allés à la rencontre de plus de 130 000 randonneurs, résidents et visiteurs provenant de l’Alberta et d’ailleurs.
« Notre programme existe grâce à nos bénévoles, dont certains sont avec nous depuis le début », souligne Nick. « Leur passion ne cesse de m’impressionner : ils consacrent des centaines d’heures chaque année à la protection de la faune et des gens, tout en agissant comme mentors auprès des nouvelles recrues afin d’accroître la portée et les retombées du programme. C’est l’illustration parfaite d’une équipe motivée et bien outillée, qui réussit à avoir un impact concret dans sa communauté et qui donne envie aux autres d’en faire autant. »


