Rien ne se perd, tout se transforme : la récupération de chaleur au service de l’efficacité minière
25 juin 2026

Dans le domaine de l’innovation environnementale, les discussions portent souvent sur les ressources qui alimentent les systèmes énergétiques, plutôt que sur ce qui en ressort. Pourtant, ces sous-produits méritent que l’on s’y attarde. C’est le cas, par exemple, de la chaleur résiduelle des chaudières au gaz naturel de l’industrie des sables bitumineux. Grâce à une collaboration entre les membres de la COSIA et plusieurs acteurs de l’innovation, cette chaleur résiduelle est désormais mise à profit.
Au cours des activités d’exploitation des sables bitumineux, de l’eau chaude est utilisée pour séparer le bitume des autres composants. Cette eau est chauffée à l’aide de chaudières alimentées au gaz naturel et ce processus de combustion génère de l’eau et de la chaleur. Une partie de cette énergie thermique sert à vaporiser l’eau, mais une quantité importante se dissipe dans l’atmosphère.
La COSIA, branche innovation de l’Alliance des sables bitumineux, a vu là une occasion d’améliorer l’efficacité du procédé. Elle s’est donc associée au Foresight Cleantech Accelerator Centre et à la société de recherche Alberta Innovates afin de lancer, en 2016, le « Mining Hot Water Production Challenge ». Ce défi invitait les entreprises technologiques à proposer des solutions pour aider à réduire l’intensité énergétique des chaudières alimentées au gaz naturel.
En 2018, au terme d’un long processus d’examen et d’évaluation des candidatures, c’est la technologie ConDex, mise au point par Combustion & Energy Systems, qui s’est imposée. L’entreprise est spécialisée dans la récupération de la chaleur résiduelle, qu’elle réintègre dans les systèmes énergétiques afin d’en améliorer l’efficacité. Ce type de procédé est déjà utilisé dans d’autres secteurs tels que la métallurgie, l’agroalimentaire et la fabrication de produits chimiques. Combustion & Energy Systems a donc vu dans l’industrie des sables bitumineux un terrain propice au déploiement de cette technologie à plus grande échelle.
Un projet pilote a alors été mené dans l’installation Kearl de L’Impériale afin d’évaluer le premier économiseur à condensation des gaz de combustion à l’échelle industrielle dans un site d’exploitation des sables bitumineux. Le système utilise un ventilateur pour aspirer les gaz de combustion de la chaudière et les acheminer vers un échangeur, où la vapeur d’eau et la chaleur sont recueillies. L’eau est ensuite recyclée et réutilisée dans le processus d’extraction, ce qui réduit les besoins en eau d’appoint provenant d’autres sources. La chaleur est, elle aussi, réutilisée pour préchauffer l’eau de traitement nécessaire à la séparation du bitume lors de l’extraction.
Les premiers essais menés à Kearl ont donné des résultats probants : plus de 36 MW d’énergie récupérée, plus de 500 L/min d’eau récupérée et 93 700 m³ d’eau condensée recueillie. À la lumière de ces résultats positifs, cinq chaudières supplémentaires ont été construites entre 2021 et 2023, en s’appuyant sur l’expérience acquise et les conclusions tirées de la première unité.
Ce projet illustre ce qui devient possible lorsque la créativité et la collaboration se conjuguent pour faire progresser les technologies environnementales. Il démontre aussi qu’en posant un regard neuf sur un procédé, un simple déchet peut devenir une véritable occasion d’amélioration.


