Un jardin pour les abeilles et les papillons

L’Alberta Native Plant Council aide les ménages de l’Alberta à verdir leur cour avec des plantes indigènes plutôt qu’avec des végétaux génériques vendus en grande surface.

1er juin 2026

L’Alliance des sables bitumineux est fière de commanditer la 35e édition annuelle des prix Emerald pour l’excellence environnementale. Ces prix récompensent les organisations, les projets et les personnes qui, partout en Alberta, se mobilisent face aux enjeux environnementaux en vue de bâtir un avenir plus durable et mieux préparé aux défis futurs. C’est en appuyant les projets environnementaux de toute envergure que nous pouvons stimuler l’innovation dans le domaine.

Nous vous présentons ici l’un des finalistes de la catégorie « Éducation et sensibilisation du public », que nous avons le plaisir de commanditer. Dernier portrait de cette série : l’Alberta Native Plant Council, dont la carte interactive favorise l’adoption des plantes indigènes. 

Vous voulez embellir votre cour cette année? Misez sur les plantes indigènes. Elles sont mieux adaptées à l’écosystème, plus faciles à entretenir et, grâce à l’Alberta Native Plant Council (ANPC), vous avez accès à l’expertise et aux ressources nécessaires pour vous lancer.

Par où commencer

La première étape consiste à choisir les bonnes graines. Les mélanges de fleurs sauvages vendus dans les quincailleries contiennent souvent des graines provenant d’autres pays. Les plantes qui en sont issues risquent de ne pas survivre à l’hiver albertain ou, pire, de devenir envahissantes. L’ANPC élimine les approximations.

Jillian Shearer, ancienne présidente de l’horticulture et de la remise en état à l’ANPC, avait remarqué l’intérêt grandissant des Albertaines et des Albertains pour les plantes indigènes, mais aussi la difficulté d’accéder à des fournisseurs fiables. Après plusieurs années de collecte de données, l’ANPC a lancé en 2025 sa carte interactive des fournisseurs et des platebandes de démonstration de plantes indigènes, qui permet de trouver des plantes indigènes aussi facilement qu’un café de quartier. Cette carte indique aussi les platebandes de démonstration vérifiées qu’il est possible de visiter en personne pour s’en inspirer.

« La carte a connu un succès fulgurant! Elle a été consultée plus de 16 000 fois, ce qui montre à quel point la population albertaine est désireuse d’en savoir plus à ce sujet », explique Jillian. « Le principal obstacle au jardinage avec des plantes indigènes n’est pas le manque d’intérêt, mais le manque d’accès. La carte de l’ANPC fait tomber cet obstacle instantanément. »

Pourquoi choisir les plantes indigènes?

Les plantes indigènes de l’Alberta ont de profondes racines, qui tirent leur origine des écosystèmes de la province tels qu’ils existaient avant la colonisation européenne. Elles font partie du paysage naturel et poussent en abondance le long des routes et des sentiers. Elles nourrissent la faune, contribuent à la protection des milieux naturels dans le contexte des changements climatiques et soutiennent toute la chaîne alimentaire. Elles peuvent même assainir l’eau! En effet, les plantes des milieux humides peuvent extraire les métaux lourds et les toxines des bassins de rétention avant que les eaux de ruissellement atteignent les rivières.

Elles font aussi gagner du temps et économiser de l’argent à qui veut agrémenter sa cour.

« Les propriétaires peuvent dépenser des centaines, voire des milliers de dollars pour des annuelles non indigènes qu’il faut racheter année après année », explique Jillian. « Un jardin de vivaces indigènes peut prendre du temps à s’établir, mais il renaît ensuite au printemps. Ces plantes demandent moins d’engrais et d’entretien, en plus d’être naturellement adaptées aux conditions météorologiques extrêmes de l’Alberta : sécheresses, chaleur estivale intense, vents forts, brusques écarts de température et longs hivers. Nous jardinons pour la durabilité, pas seulement pour l’esthétique. Les plantes indigènes sont la première ligne de défense naturelle de l’Alberta face aux changements climatiques. »

Les plantes indigènes soutiennent aussi la faune locale : de nombreux insectes, dont les abeilles et les papillons, ne peuvent se nourrir ou se reproduire qu’en présence de certaines plantes indigènes. Le monarque, inscrit comme espèce en péril au Canada, dépend entièrement de l’asclépiade pour achever son cycle de vie. Le simple fait d’en planter dans votre cour permet de contribuer à la survie de ce papillon au cours de sa migration.

À vos pelles!

L’ANPC repose entièrement sur le travail de bénévoles. Ses membres sont notamment des botanistes de carrière, des spécialistes de la remise en état ainsi que des jardinières et jardiniers du dimanche passionnés.

Dans le cadre de son mandat, qui consiste à offrir des programmes éducatifs et des projets spéciaux pour mieux faire connaître les plantes indigènes, l’ANPC organise aussi le Native Plant Garden Challenge, un défi qui encourage la population albertaine à réserver aux plantes indigènes ne serait-ce qu’une petite parcelle de ses platebandes. Depuis 2022, plus de 200 adeptes de jardinage ont officiellement relevé le défi et transformé une partie de leur terrain en habitat pour pollinisateurs.

Au-delà de la cour

Jillian estime qu’un changement de perspective s’opère et que les plantations indigènes continueront de gagner du terrain.

« L’ANPC travaille avec tout le monde, des propriétaires en milieu urbain aux écoles, en passant par les communautés autochtones et les spécialistes de la remise en état à grande échelle », explique Jillian. « L’organisme contribue au développement de la littératie écologique. Quand les enfants voient des plantes indigènes dans les parcs et les cours, ils grandissent en accordant plus de valeur au patrimoine naturel de notre province et en comprenant mieux la nécessité de le protéger. »

En aidant les propriétaires de Calgary à trouver des graines de plantes indigènes, l’ANPC aide à retisser les liens entre les milieux naturels de l’Alberta, une parcelle à la fois. La prochaine fois que vous sortirez, prenez le temps de humer les fleurs sauvages : elles en font plus que vous ne le croyez pour l’environnement.