Bâtir une carrière internationale, un défi à la fois

6 août 2026

Bien avant que sa carrière ne le mène aux quatre coins du monde, Arie Bernal, conseiller technique principal en matière de gaz à effet de serre, s’intéressait déjà aux sciences, au génie et au fonctionnement des choses. Durant son enfance au Venezuela, cette curiosité s’est conjuguée à deux autres passions : le soccer et la musique classique. De ces trois univers, il a tiré des leçons qui ont débouché sur une carrière axée sur la résolution de problèmes.

Arie a grandi à Caracas dans une famille quelque peu unique, aux racines sud-américaines et européennes : son père est chilien et sa mère, française.

« Mes parents m’ont beaucoup encouragé à faire de la musique. J’ai commencé le piano très jeune, mais c’est lorsque j’ai appris à maîtriser des pièces qui expriment des émotions plus complexes, comme les scherzos de Chopin ou les Valses de Méphisto de Liszt, que j’y ai vraiment pris goût. »

Cette discipline, Arie la transpose dans ses études, où il excelle en sciences. Au moment de choisir un programme universitaire, il se tourne vers le génie chimique, animé par sa passion pour les sciences et par l’importance de cette industrie au Venezuela. Malgré un horaire chargé, il continue à jouer du piano pendant ses études et se voit même offrir la possibilité d’en faire une carrière.

« J’aurais pu abandonner mes études pour entrer au conservatoire et devenir concertiste. En fin de compte, mon côté rationnel m’a convaincu de poursuivre en génie. Et je suis heureux de l’avoir écouté », lance-t-il en riant.

Son baccalauréat terminé, Arie s’installe à College Station, au Texas, puis à Paris pour y poursuivre des études supérieures. En se spécialisant en génie et en économie du pétrole, il souhaite approfondir sa connaissance du secteur pétrolier et gazier pour améliorer son employabilité.

Ce pari s’avère alors payant puisque la multinationale française TotalEnergies l’embauche d’abord comme ingénieur de production dans le sud-est du Venezuela, jusqu’à ce que l’État nationalise l’exploitation. Il s’installe ensuite en Afrique de l’Ouest pour participer à la mise en service d’une nouvelle plateforme extracôtière au large de l’Angola.

« Ce travail de terrain dans différentes régions du monde a été une formidable école », souligne Arie, qui parle couramment français, anglais et espagnol, en plus de se débrouiller en italien et en portugais. « TotalEnergies m’a ensuite offert un poste de gestion à Paris pour superviser la construction d’un pipeline sous-marin. Je suis devenu le plus jeune chef des opérations sur le terrain de l’histoire de l’entreprise. Le projet était très exigeant et représentait un budget global de plus de 60 millions de dollars. Je suis reconnaissant de la confiance qu’on m’a accordée pour former une équipe, gérer le budget et mener le projet à terme. »

C’est en acceptant une affectation aux installations d’exploitation des sables bitumineux du projet Joslyn qu’Arie pose finalement ses valises à Calgary. TotalEnergies finira par vendre le complexe et céder ses actifs canadiens, mais Arie a de bonnes raisons de rester en Alberta.

« Alors que TotalEnergies quittait le pays, moi, je cherchais plutôt un moyen d’y rester. Ma femme est d’ici, et nous adorons notre vie à Calgary. C’est une ville magnifique où je me suis fait de nombreux amis et où j’ai fondé une famille », confie Arie, père de deux garçons de quatre et de six ans. Calgary lui a aussi permis de renouer avec l’une de ses grandes passions : le soccer. Arie joue comme milieu de terrain dans une ligue locale pour les 45 ans et plus.

« Je suis le plus jeune de l’équipe, alors c’est moi qu’on fait courir! Je n’ai jamais autant joué au soccer de ma vie. »

Fort de sa solide expérience et bien décidé à rester au pays, Arie choisit de se joindre à la COSIA, la branche innovation de l’Alliance des sables bitumineux.

Après avoir consacré 20 ans à l’extraction pétrolière et mis son expertise économique au service des décisions stratégiques de la haute direction, Arie s’attaque aujourd’hui à un tout autre défi : trouver des moyens de réduire l’intensité des émissions de gaz à effet de serre issues de la production d’un baril de pétrole. Un défi auquel il fait face avec enthousiasme.

« Le discours sur cet enjeu a évolué depuis cinq ans, mais notre industrie, comme bien d’autres, a de très bonnes raisons à court et à moyen terme de développer des technologies permettant de capter et de stocker les gaz à effet de serre », explique-t-il. « Il est essentiel à mon avis de chercher des solutions. Nous sommes huit milliards d’êtres humains sur la planète, soit presque deux fois plus qu’à ma naissance. Cette croissance a des conséquences sur l’environnement. »

Si sa formation d’ingénieur lui permet d’évaluer la viabilité scientifique et économique des technologies, c’est sur le terrain de soccer qu’il a développé les compétences qui l’aident à collaborer avec les entreprises membres pour trouver les solutions les mieux adaptées.

« Dans une équipe, chaque personne joue un rôle essentiel. Pour réussir, il faut travailler ensemble », dit-il. « En tant que conseiller technique principal, mon rôle est d’évaluer des technologies économiquement viables qui peuvent être déployées à grande échelle. Tout comme un milieu de terrain au soccer, je dois couvrir beaucoup de terrain, qu’il s’agisse de collaborer avec une équipe de recherche universitaire, de grands groupes industriels ou des inventeurs et inventrices qui bricolent dans leur garage. Il ne faut négliger personne, car on ne sait jamais d’où viendra la prochaine idée révolutionnaire. »