Temps forts de la carrière de Chris Godwaldt : la gestion de l’eau à l’international

29 juillet 2026

La carrière de Chris Godwaldt l’a mené aux quatre coins du monde : des palais royaux du Brunéi aux sables bitumineux de l’Alberta, en passant par les champs de bataille de l’Irak.

Qu’il travaille dans la salle du trône ou en zone de conflit, un fil conducteur unit cependant tous ses projets.

« J’ai toujours voulu changer les choses par mon travail », affirme Chris, directeur de la gestion des eaux à l’Alliance des sables bitumineux. « Et c’est encore le cas aujourd’hui. Plus que nulle part ailleurs, c’est ici que je peux le plus apporter ma contribution. »

Fils d’un policier et d’une enseignante, Chris grandit à Sherwood Park, une ville-dortoir située à l’est d’Edmonton, où il fait ses études en immersion française.

« J’ai toujours voulu comprendre comment les choses fonctionnent. Mon grand-père maternel était agriculteur, mais il avait un véritable don pour la mécanique. Il savait réparer toutes sortes de machines. J’ai sans doute hérité ça de lui. »

Poussé par cette curiosité, Chris entreprend des études en génie civil à l’Université de l’Alberta, où ses apprentissages ne se limitent pas à la salle de classe.

« Je m’étais acheté une vieille Volkswagen Scirocco, mais une pièce a lâché. Le garage demandait trop cher, alors j’ai appris à faire la réparation moi-même », se souvient-il. « J’ai toujours eu le sens de la débrouillardise et elle m’a beaucoup servi dans ma carrière. »

Après ses débuts dans un cabinet d’ingénierie de Vancouver spécialisé dans le traitement des eaux, une occasion unique s’offre à lui au Brunéi, sur l’île de Bornéo, en Asie du Sud-Est.

« Le Brunéi Darussalam est une monarchie dirigée par un sultan. Ce dernier avait demandé à mon employeur d’envoyer quelqu’un travailler sur les systèmes de traitement des eaux des palais royaux – de véritables petites cités comptant des centaines d’employés. Je devais initialement agir comme adjoint, mais l’ingénieur en chef a démissionné la semaine avant mon arrivée. On m’a dit de réserver un billet en première classe et de partir au plus vite. C’était moi désormais l’ingénieur en chef », raconte Chris. « J’avais 22 ans et j’étais convaincu d’être à la hauteur. On respire la confiance quand on est jeune. Aujourd’hui, je serais bien plus nerveux qu’à l’époque. »

Entre les dômes dorés et les installations serties de pierres précieuses, des possibilités inimaginables pour un ingénieur en début de carrière s’offrent à lui.

« Ce fut une expérience extraordinaire, tant sur le plan professionnel que personnel », poursuit-il. « J’ai appris une langue et découvert une nouvelle culture. Et chaque matin, je sortais de chez moi pour me retrouver en pleine jungle tropicale. C’était une expérience que je n’aurais jamais pu imaginer, même dans mes rêves les plus fous. »

Chris met ensuite le cap sur Porto Rico pour participer à un projet de modernisation des installations de traitement des eaux.

« Pendant ma maîtrise à la Ivey School of Business de l’Université Western Ontario, j’ai effectué des séjours d’études en Chine, puis au Mexique, où les cours étaient donnés en espagnol. Je voulais sortir des sentiers battus et sauver le monde. Mais le 11 septembre a tout changé. »

Lors de l’invasion de l’Irak, l’armée américaine réalise rapidement que ses installations temporaires pour le traitement des eaux, y compris des eaux usées, ne tiendront pas le coup. Elle fait alors appel à des experts civils, dont Chris, pour évaluer la situation et mettre en place des infrastructures plus durables.

« Nous devions assurer l’approvisionnement des troupes avant de restaurer l’accès à l’eau pour les civils, surtout les plus démunis. J’étais basé à Dubaï, mais je me rendais régulièrement en Irak, où j’effectuais des missions aux côtés de l’armée. C’était une zone de combats. À cause des bombardements incessants, je portais plus de 40 kilos d’équipement de protection le jour et je dormais avec celui-ci près de mon lit la nuit. Transporter le matériel de traitement des eaux et l’installer en zone de guerre représentait tout un défi, mais c’était essentiel. »

Même si chaque jour apportait son lot de difficultés, un épisode reste gravé dans sa mémoire.

« Les installations qui alimentaient un camp de prisonniers de guerre dans le sud de l’Irak sont tombées en panne et l’équipe sur place ne parvenait pas à les remettre en service. Faute de réparation, la Convention de Genève nous aurait obligés à acheminer de l’eau par camion en zone hostile. J’ai donc atterri au Koweït, où il faisait plus de 50 °C, puis un convoi de cinq véhicules blindés m’a escorté d’urgence sur les lieux. J’ai remis le système en marche juste avant que les réservoirs ne soient à sec. »

Son mandat au Moyen-Orient achevé en 2009, Chris rentre au pays et se joint à l’Alberta WaterSMART, un organisme sans but lucratif de Calgary spécialisé dans l’amélioration de la gestion de l’eau.

Ses fonctions l’amènent à collaborer avec l’Alliance canadienne pour l’innovation dans les sables bitumineux (COSIA), qui est aujourd’hui la branche innovation de l’Alliance des sables bitumineux.

« Ce qui m’a séduit dans l’industrie des sables bitumineux, c’est la complexité des défis techniques et la possibilité d’améliorer la gestion de l’eau à une échelle sans précédent dans mon parcours », explique Chris, qui a intégré l’équipe de la COSIA en 2014.

Douze ans plus tard, la même flamme l’anime toujours. Il le doit autant aux personnes avec qui il travaille qu’aux résultats qu’ils obtiennent.

« L’eau est une ressource qui nous concerne tous, et les personnes avec qui je travaille y voient bien plus qu’un simple emploi. J’adore mon métier parce qu’il me permet d’apporter une contribution concrète, un sentiment que je partage avec toute mon équipe. »