Financer l’innovation dans le traitement des résidus et des eaux de mine

18 mai 2026

Un organisme gouvernemental octroie 46 millions de dollars pour soutenir le développement de technologies visant à améliorer la gestion et le traitement des résidus et des eaux de mine provenant de l’exploitation des sables bitumineux.

Emissions Reduction Alberta (ERA) a annoncé en mars le financement de son tout premier Tailings Technology Challenge, un défi qui invitait les participants à proposer des solutions pour traiter les résidus et les eaux de mine stockés sur les sites d’exploitation des sables bitumineux.

Toute activité d’extraction minière, qu’il s’agisse de nickel, de diamants, de cuivre ou de sables bitumineux, génère des sous-produits appelés résidus. Dans le cas des sables bitumineux, ces résidus se composent de sable, d’argile, d’eau et d’hydrocarbures résiduels. Ils sont déposés dans des bassins, qui contiennent aussi les eaux de mine. L’expression « eaux de mine », qui désigne les eaux gérées par les exploitants de sables bitumineux, englobe les eaux de traitement, principalement recyclées au cours du procédé d’extraction, les eaux usées produites à l’étape de la valorisation puis recyclées, ainsi que les eaux souterraines extraites avant et pendant l’exploitation minière. En vertu de la réglementation en vigueur, les eaux de mine et les précipitations qui tombent sur les sites miniers, notamment la neige, doivent être stockées dans des installations spécialement aménagées.

Le traitement des résidus liquides et des eaux de mine est essentiel pour permettre aux exploitants de sables bitumineux de remettre en état leurs sites miniers et d’en assurer ultimement la fermeture.

Au cours des 17 dernières années, l’ERA a investi plus de 1 milliard de dollars dans plus de 300 projets qui, en tout, représentent des investissements de 10 milliards de dollars à l’échelle de la province. Cependant, c’est la première fois que l’organisme cible expressément les résidus et les eaux de mine.

« Le gouvernement de l’Alberta souhaitait faire en sorte que ses fonds servent à accélérer l’innovation liée aux résidus. Il nous a donc demandé d’organiser un défi ciblant les technologies de traitement des résidus », explique Justin Riemer, chef de la direction de l’ERA depuis 2022. « Notre organisme a un rôle à jouer pour faire progresser l’innovation environnementale et améliorer la compétitivité économique de la province. Ce défi cadrait parfaitement avec notre mandat. »

Les trois entreprises membres de l’Alliance des sables bitumineux qui exploitent des sites miniers ont soumis des propositions dans le cadre du défi et obtenu du financement.

  • Canadian Natural a reçu 15 millions de dollars pour améliorer les technologies de brassage en bassin par injection de floculants dans le flux des résidus épaissis. L’entreprise a également obtenu 1,2 million de dollars pour mettre à l’essai des technologies passives de gestion et de traitement des eaux de résidus au moment de la fermeture des sites, ainsi que 1,5 million de dollars pour tester un projet pilote de dessalement.
  • Suncor a reçu 4,5 millions de dollars pour évaluer la mise au point d’équipements amphibies modulaires adaptés aux sables bitumineux, afin d’améliorer l’accès aux dépôts de résidus mous en vue de la remise en état. La pétrolière a également obtenu 3 millions de dollars pour un projet industriel conjoint avec Canadian Natural, dont Suncor assure la direction. Ce projet permettra de mettre à l’essai de technologies membranaires avancées pour le traitement des eaux de mine provenant des sables bitumineux.
  • L’Impériale a reçu jusqu’à 12,8 millions de dollars pour faire progresser le processus de commercialisation de sa technologie Enhanced Thickened Tailings (eTT), qui améliore le traitement des résidus épaissis. Le procédé eTT accélère la récupération de l’eau, facilite le drainage des résidus et favorise la réutilisation de l’eau ainsi que la remise en état à long terme du site Kearl. En savoir plus.

« Ce défi visait surtout à financer des technologies adaptées aux conditions réelles et prêtes à être mises à l’essai sur le terrain. Nous avons été très heureux de constater que toutes les entreprises d’exploitation minière de sables bitumineux avaient soumis des demandes. La participation des entreprises qui exploitent des bassins de résidus était très importante », affirme Justin Riemer. « Mais de plus petites entreprises et des entrepreneurs ont aussi obtenu du financement. La collaboration entre grands acteurs industriels et petits innovateurs est capitale, et ces derniers ont proposé d’excellentes idées qui méritent d’être développées. »

Parmi ces entreprises figure H2nanO, une PME d’écotechnologie qui a déjà mis à l’essai l’énergie solaire pour traiter les eaux de mine au site Kearl.

H2nanO a reçu 1,8 million de dollars pour un projet de 3,6 millions visant à faire la démonstration de deux technologies de traitement des eaux de mine qui consomment peu d’énergie. Celles-ci devraient permettre d’éliminer les matières organiques, de réduire la salinité et de réutiliser l’eau tout au long de l’année.

« Nous sommes très heureux d’avoir reçu ce financement ainsi que l’appui solide des entreprises membres de l’Alliance des sables bitumineux, qui ont fourni des lettres de soutien à notre proposition », indique Zac Young, président et cofondateur de H2nanO. « Pour une petite entreprise comme la nôtre, ce genre de soutien est précieux. »

Les investissements de l’organisme dans le développement de technologies sont financés par le fonds Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER) de l’Alberta, auquel contribue le secteur pétrolier et gazier par l’entremise du système provincial de tarification du carbone et d’échange de droits d’émission.

Pour Justin Riemer, il est essentiel de trouver des solutions concrètes aux défis actuels.

« Il s’agit d’une priorité environnementale majeure pour la province. Nous devons investir aux côtés de l’industrie dans des technologies qui rendront le traitement des résidus et des eaux de mine plus efficace, tant sur le plan environnemental qu’économique. »