Que sont les résidus et comment sont-ils gérés?
9 juillet 2026

Qu’il s’agisse de cuivre, de nickel, de diamants ou de sables bitumineux, toute activité d’exploitation des ressources génère des sous-produits appelés résidus. Dans les sables bitumineux de l’Alberta, les résidus sont principalement composés de sable, d’argile, de limon et de faibles quantités d’hydrocarbures qui subsistent une fois que le bitume a été séparé du sable.
Depuis plusieurs décennies, des efforts considérables sont consacrés à la recherche, à la mise à l’essai et à l’amélioration des méthodes de gestion des résidus. Les procédés, les technologies et la réglementation ont ainsi évolué, et l’industrie continue de perfectionner ses pratiques afin de mettre au point des solutions de gestion des résidus toujours plus efficaces.
Au cours de l’exploitation minière, et plus particulièrement du processus d’extraction, les résidus sont gérés dans des installations aménagées en surface ou dans d’anciennes fosses, où les particules les plus lourdes, comme le sable grossier, se déposent au fond, tandis que les plus fines demeurent en suspension. Ce sable grossier constitue la majeure partie des résidus. Une fois séparé de l’eau, il peut servir à construire des structures de confinement et à réaliser des travaux de remise en état des terres.
Il subsiste alors un mélange boueux appelé « résidus fluides », composé d’eau, de limon, de particules d’argile et d’hydrocarbures résiduels. Le traitement de ces résidus nécessite des technologies permettant d’accélérer la séparation de l’eau des autres matières. Ce procédé permet de réduire le volume des résidus et d’en accroître la densité en vue de la remise en état des terres.
L’eau ainsi récupérée peut être recyclée et réutilisée lors du procédé d’extraction du bitume. En fait, la majeure partie de l’eau nécessaire à l’exploitation des sables bitumineux est issue de ce recyclage. Selon l’Alberta Energy Regulator (AER), cette proportion d’eau s’élevait même à 78 % en 2024[1].
Une fois déshydratés, les résidus servent à la remise en état des terres et forment la couche de base sur laquelle seront déposés les sols qui accueilleront les arbres et autres végétaux. Les paysages prévus dans le cadre de la remise en état des mines actuellement en exploitation comprendront une mosaïque de terres en zone sèche, de milieux humides et de lacs. La végétation y est plantée conformément au plan d’aménagement, souvent avec la contribution des populations autochtones locales, afin de favoriser, au fil du temps, le retour des plantes indigènes, des insectes et de la faune. Parallèlement, d’importants travaux de recherche sont menés dans le but de parvenir à traiter les résidus fins fluides de manière à pouvoir les stocker de façon permanente au fond d’un plan d’eau tel qu’un lac de kettle.
L’industrie des sables bitumineux recycle une part importante de ses eaux de traitement. Mais à mesure que les activités minières ralentissent, les quantités d’eau réutilisées diminuent. Lorsque l’exploitation tire à sa fin, le recyclage ne constitue plus une solution viable pour gérer les eaux entreposées sur place. Les volumes d’eau continuent d’augmenter même après la fin des activités minières, principalement en raison des précipitations.
Dans d’autres secteurs industriels, les eaux sont traitées selon des normes environnementales rigoureuses avant d’être rejetées dans les milieux naturels. Or, il n’existe actuellement aucune réglementation encadrant le rejet des eaux de traitement issues de l’exploitation des sables bitumineux. Les exploitants se voient donc contraints de les entreposer pour une durée indéterminée. C’est pour cette raison que les sites d’exploitation des sables bitumineux abritent certains des plus vastes réservoirs d’eaux industrielles au monde. Pour faire progresser la remise en état des terres, il faudra traiter ces eaux de façon sécuritaire avant de les rejeter dans l’environnement.
De nombreuses technologies ont fait l’objet d’études de modélisation et d’essais, et permettent d’ores et déjà de traiter en toute sécurité les eaux de mine issues de l’exploitation des sables bitumineux. Ce qui fait encore défaut, c’est un cadre réglementaire. Depuis des décennies, des travaux sont menés en vue d’élaborer cette réglementation, et l’industrie, les gouvernements et les organismes de réglementation poursuivent leurs efforts afin d’établir un cadre pour le rejet sécuritaire des eaux de mine traitées, un élément essentiel de la remise en état des terres et d’une exploitation responsable.
Cliquez ici pour en savoir plus sur le traitement sécuritaire des eaux de mine issues de l’exploitation des sables bitumineux.
[1]AER – Water use performance ↩︎ (en anglais)


