Le gouvernement de l’Alberta publie son rapport sur l’état de l’environnement, qui rend compte du suivi à long terme de la qualité et de la quantité des eaux de surface dans la région des sables bitumineux

Février 2026

Vue aérienne de la rivière Athabasca, photographiée dans le cadre du Programme de surveillance des sables bitumineux

Le Programme de surveillance des sables bitumineux (PSSB) couvre plus de 140 000 kilomètres carrés dans les régions de l’Athabasca, de Peace River et de Cold Lake. Le gouvernement de l’Alberta le présente comme l’un des plus vastes programmes de surveillance environnementale du genre. Fruit d’une collaboration entre les communautés autochtones, les gouvernements provincial et fédéral, l’industrie et l’Alberta Energy Regulator, il permet de surveiller et d’évaluer les effets environnementaux potentiels de l’exploitation des sables bitumineux afin d’en rendre compte.

Le rapport 2025 du PSSB sur l’état de l’environnement présente une évaluation de la qualité et de la quantité des eaux de surface dans la région des sables bitumineux de l’Alberta (Athabasca, Peace River et Cold Lake). Pour ce faire, il s’appuie sur la science occidentale, les savoirs autochtones et des données de surveillance communautaire.

Principaux constats du rapport (en anglais)

Les résultats de la surveillance « ne montrent pas d’effets généralisés manifestes liés à l’exploitation des sables bitumineux ». Dans l’ensemble, le rapport 2025 indique qu’« aucune variation nette ou marquée n’a été observée relativement à la qualité de l’eau de l’amont vers l’aval de la rivière Athabasca » dans les zones d’exploitation des sables bitumineux. En outre, le débit de la rivière de la Paix et de l’Athabasca est qualifié de « complexe » : « la rivière de la Paix présente habituellement un débit environ trois fois supérieur à celui de l’Athabasca ainsi que des écoulements plus stables en raison des barrages en amont. À l’inverse, la rivière Athabasca a présenté, au fil du temps, des périodes de débits plus élevés et plus faibles, […] mais aucune tendance générale claire ne se dégage. »

Méthodologie du rapport

Le rapport s’appuie sur les résultats de plus de 150 sites d’échantillonnage distincts ainsi que sur l’analyse de plus de 2,5 millions de données. Il constitue l’une des évaluations les plus détaillées réalisées à ce jour. L’objectif est de comparer les données sur la qualité et la quantité des eaux de surface à des valeurs de référence préconisées, tout en repérant les secteurs où une surveillance supplémentaire serait nécessaire pour mieux comprendre l’état des eaux de surface dans la région. Le rapport précise qu’« au total, 25 séries de valeurs de référence sur la qualité de l’eau, provenant de cinq administrations et organisations, ont été examinées, notamment celles élaborées pour trois communautés autochtones dans le cadre du PSSB, celles d’Alberta Environment and Protected Areas (EPA), différentes valeurs fédérales canadiennes, certaines valeurs fédérales américaines, ainsi que des mesures fournies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des comparaisons entre différents référentiels régionaux en matière de qualité de l’eau ont également été intégrées. »

Résumé des constats : qualité de l’eau  

  • Dans l’ensemble, « aucune tendance claire n’a été observée concernant un changement dans la qualité de l’eau de la rivière Athabasca lors de la comparaison de sites en amont et en aval des zones d’exploitation des sables bitumineux ».
  • La qualité de l’eau s’est révélée « relativement uniforme d’un site à l’autre » le long de la rivière de la Paix et a présenté des « résultats d’analyse cohérents » sur toute la longueur de la rivière Beaver (dans la région de Cold Lake).
  • Le rapport relève toutefois une exception : « Pour la rivière Muskeg, de nombreux paramètres (notamment en ce qui concerne les métaux comme le nickel et l’arsenic, ainsi que pour les sels comme le chlorure et le sulfate) présentent une tendance à la hausse. » On précise que « ces paramètres se situent, pour la plupart, dans les limites des valeurs de référence ou légèrement au-dessus ».
  • Selon le résumé du rapport : « Bien qu’elles ne suscitent pas de préoccupations immédiates, ces hausses progressives soulignent l’importance de poursuivre la surveillance afin de mieux comprendre les causes de l’augmentation de certains paramètres et de détecter rapidement d’éventuels risques. »

L’objectif du PSSB est de surveiller l’évolution de l’environnement régional au fil du temps et de communiquer au public ce que révèlent les données recueillies. L’industrie analyse les tendances observées dans la rivière Muskeg afin de déterminer dans quelle mesure l’exploitation des sables bitumineux pourrait contribuer à ces changements.

Résumé des constats : quantité d’eau

Pour évaluer la quantité d’eau de surface, le PSSB surveille les débits depuis 84 stations de surveillance situées sur la rivière Athabasca, la rivière de la Paix, la rivière des Esclaves et leurs affluents, ainsi que dans la région de Cold Lake et le delta Paix-Athabasca, en s’appuyant sur des données couvrant la période de 1951 à 2023.

Le rapport indique ce qui suit :

  • Le débit de la rivière de la Paix et de l’Athabasca est qualifié de « complexe » : « la rivière de la Paix présente habituellement un débit environ trois fois supérieur à celui de l’Athabasca ainsi que des écoulements plus stables en raison des barrages en amont. À l’inverse, la rivière Athabasca a connu, au fil du temps, des débits tantôt plus élevés, tantôt plus faibles, [… ] mais aucune tendance générale claire ne se dégage. »
  • « Les pics de débit de la rivière de la Paix et de l’Athabasca surviennent à peu près au même moment, généralement en mai ou en juin. »
  • « Les deux rivières présentent également des régimes de glaces semblables : le couvert de glace se forme le plus souvent en octobre ou en novembre et se rompt habituellement en avril ou en mai dans la plupart des secteurs. »

Le rapport 2025 sur l’état de l’environnement présente une synthèse de la qualité et de la quantité des eaux de surface, fondée sur l’analyse de résultats scientifiques, des savoirs autochtones et des données de surveillance communautaire. Ce rapport a été élaboré de manière collaborative en tenant compte des commentaires des communautés autochtones, des gouvernements fédéral et provincial ainsi que de l’industrie.