Réflexion, collaboration et écoute : Wes Jickling, V.-P. de la COSIA, et son équipe aident les grands esprits à propulser les idées avant-gardistes

12 mai 2026

Que ce soit sur le terrain de basket ou dans la salle du conseil, voici les éléments indispensables pour réussir : collaboration, communication, abnégation, confiance, fiabilité et résilience. Pour Wes Jickling, vice-président de l’Innovation et de la COSIA (la branche innovation de l’Alliance des sables bitumineux), ce sont les sports de compétition en équipe, les missions internationales à l’ONU, les hautes fonctions publiques et l’éducation de trois adolescents qui ont cultivé ces forces.

Originaire d’Estevan, en Saskatchewan (une communauté d’environ 10 000 âmes à l’époque), Wes semblait promis à une carrière dans l’industrie énergétique. Dans cette municipalité surnommée la « capitale de l’énergie de la Saskatchewan », la plupart des familles, dont la sienne, dépendaient des centrales au charbon, des mines de charbon ou du secteur pétrolier et gazier. Même si Wes a pris des chemins de traverse avant de revenir au secteur de l’énergie, chacune de ses expériences a contribué à forger la personne qu’il est devenu.

Au secondaire, il était intrigué par le parcours des élèves en échange. Diplôme en poche, il est donc parti un an au Brésil dans le cadre d’un échange étudiant, et c’est là qu’il a attrapé la piqûre du voyage. De retour au Canada, il a obtenu son baccalauréat en relations internationales à l’Université de Calgary, tout en portant les couleurs des Dinos sur le terrain de basketball. Il a par la suite décroché une maîtrise en relations internationales et en développement à l’Université d’Aalborg, au Danemark. Bien décidé à faire carrière à l’ONU, il a vite décroché un poste au sein de l’organisation au Brésil.

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Wes a ensuite enchaîné les missions pour l’ONU à Mbabane (Eswatini, auparavant le Swaziland), à Kyiv (Ukraine), puis à Khartoum (Soudan).

« Mon travail portait sur des enjeux de santé publique, comme le VIH, la malaria et la tuberculose, mais aussi sur la sécurité alimentaire, tant du côté logistique que stratégique », explique Wes. « Pour répondre à ces enjeux, les gouvernements de ces pays se tournaient vers l’aide au développement et l’assistance humanitaire. Mon travail consistait à matérialiser cet appui par la concertation et la collaboration. Concrètement, il fallait amener les gouvernements locaux et étrangers à s’entendre sur les moyens de freiner la propagation du VIH, par exemple, et persuader les organisations de travailler dans le même sens malgré des politiques, des mandats et des impératifs divergents. »

Après cinq années passées à l’étranger, Wes est retourné en Saskatchewan avec sa famille grandissante. Il a intégré l’équipe des relations internationales du gouvernement de la Saskatchewan au moment où la province multipliait les missions commerciales à l’étranger – un contexte parfaitement adapté à son profil. Il est ensuite passé chez Canpotex, un fleuron mondial de la commercialisation de la potasse et l’un des plus grands exportateurs canadiens, avant d’être nommé chef de la direction d’Innovation Saskatchewan, puis sous-ministre des Affaires intergouvernementales.

Ce parcours l’a finalement mené à Calgary, où il vit et travaille aujourd’hui comme vice-président de l’Innovation et de la COSIA. Mais son véritable titre pourrait aussi être celui de « chef de la collaboration ».

« La COSIA est un modèle assez unique dans le monde par sa façon de faire collaborer les entreprises du secteur énergétique en vue de faire progresser la recherche et les technologies », explique Wes. « L’organisation favorise le partage de la propriété intellectuelle et de technologies entre les grands exploitants de sables bitumineux afin qu’ils puissent travailler ensemble à la résolution d’enjeux complexes et à l’innovation environnementale. Il ne s’agit pas d’un simple lieu de bavardage, mais d’un endroit où les scientifiques et les ingénieurs de différentes entreprises, parfois concurrentes, s’efforcent de résoudre des problèmes ensemble. Et ce genre de collaboration concrète, c’est plutôt rare. »

Cette collaboration, Wes et son équipe la facilitent en réunissant les entreprises membres pour faire germer des idées, établir les priorités les plus urgentes et convenir des prochaines étapes.

Selon lui, l’essentiel est d’établir un climat de confiance, de concilier les divers intérêts et d’aider des personnes intelligentes à travailler efficacement ensemble. « Notre travail consiste à faire preuve de rigueur et à se concentrer sur les grands enjeux. Il faut savoir être patient, écouter les experts présents – scientifiques, ingénieurs et spécialistes de nos entreprises membres – et faire avancer le groupe vers une solution viable. Je pense sincèrement que notre rôle est de rendre la collaboration possible et de contribuer à transformer de brillantes idées en projets financés. »

Mais une fois ces projets lancés, le travail n’est pas terminé.

« Beaucoup continuent de croire, à tort, que les exploitants de sables bitumineux n’accordent pas la priorité à l’innovation environnementale. Rien n’est plus faux », affirme Wes. « Si seulement la population canadienne pouvait voir notre travail sur le terrain, rencontrer les gens qui consacrent leur carrière à l’amélioration des pratiques et réaliser à quel point l’industrie a cette démarche à cœur. Le Canada se démarque vraiment à ce chapitre. »

Si l’innovation dans ce secteur est complexe, c’est justement parce que les défis à relever sont uniques. Faute de solutions toutes faites, il faut de la créativité, une pensée critique tournée vers l’avenir et une volonté incessante de trouver de bonnes idées pour améliorer les choses.

À ceux et celles qui envisagent une carrière dans le domaine de l’énergie, Wes rappelle que l’industrie recherche toutes sortes de compétences, pas seulement des profils en génie et en géologie. Il faut cependant apprendre à collaborer et être fiable. Aller jusqu’au bout des choses compte énormément. Ce secteur joue un rôle clé dans la stabilité de l’avenir énergétique mondial, et il y a un travail aussi utile que valorisant à y accomplir.

Du terrain de basketball au secteur énergétique, en passant par les affaires internationales, le contexte change, mais les compétences nécessaires restent les mêmes : esprit d’équipe, écoute et adaptabilité.